On a beau croire aux contes de Noël : grandir pauvre et en situation de stress aura des conséquences importantes à l’âge adulte. Et lorsque l’on regarde autour de nous, dans le monde, tous les enfants actuellement en état de pauvreté et de stress, on ne peut que craindre pour l’avenir.

L’exposition au stress à un jeune âge – alors que le cerveau est encore en développement – cause des dommages permanents à la capacité de gérer le stress dans la vie adulte.
Cette théorie a été soutenue par une étude dans laquelle les chercheurs ont testé la fonction cérébrale de jeunes adultes à l’âge de 24 ans, 15 ans après avoir évalué leur situation d’enfance.
Le test impliquait de contrôler ses émotions : on demandait aux participants de regarder des images tout en essayant de supprimer les émotions négatives qui pouvaient surgir. En effet, être capable de contrôler ses émotions est un facteur clé pour faire face à tous les stress et à toutes les tensions que nous apportent la vie.

Les résultats ont montré que ceux dont les familles étaient les plus pauvres quand ils avaient 9 ans ont eu les plus mauvais résultats sur les tests passés à l’âge de 24 ans.
Et peu importait qu’ils soient sortis de la pauvreté par la suite : ils venaient d’un milieu pauvre, ce qui était le facteur primordial dans la façon dont leur cerveau a fonctionné lors du test.

L’étude a montré également que ce n’était pas seulement la pauvreté infantile qui était liée à un contrôle inférieur sur les émotions, mais que le stress subi pendant l’enfance jouait également un rôle important. Certains participants avaient été relativement pauvres en tant qu’enfants, mais avaient été protégés contre le stress de l’enfance – et ils ont mieux réussi la tâche de gestion émotionnelle lors des tests de l’étude.
Ceux qui avaient été exposés quand ils étaient enfants à la fois à la pauvreté et à de nombreux facteurs de stress – comme le bruit, les mauvaises conditions de logement, la violence et la tourmente familiale – ont été les plus durement marqués.

Et à l’école ? La pauvreté et le stress ont également des conséquences directes sur la réussite scolaire. C’est ce que montre Eric Jensen dans son livre « Teaching with the Poverty in Mind ».

Bruno Hourst

Références
Effects of childhood poverty and chronic stress on emotion regulatory brain function in adulthood
[Teaching with the Poverty in Mind->https://www.amazon.fr/Teaching-Poverty-Mind-Brains-Schools/dp/1416608842/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1509864402&sr=8-1&keywords=Teaching+with+the+Poverty+in+Mind