Une des règles éducatives bien connues est que l’on doit finir ce que l’on a commencé : « Finis tes devoirs ! », « Finis ta soupe ! », « Finis de ranger ta chambre ! ».
L’effet Zeigarnik explique l’intérêt de laisser une tâche inachevée.

Bluma Zeigarnik, psychologue russe, a remarqué une chose étrange alors qu’elle était assise à une terrasse de café à Vienne. La serveuse ne semblait se rappeler que des commandes qui étaient en cours, c’est-à-dire pas encore payées. Par contre une fois une commande servie et payée, tout information liée à cette commande semblait avoir été oubliée.

Bluma Zeigarnik est retournée à son laboratoire pour tenter de théoriser ce qu’elle avait observé. Elle demande à des enfants d’accomplir, en une journée, une série de vingt petits travaux (modeler des animaux, enfiler des perles, assembler les pièces d’un puzzle…). La moitié des activités sont terminées, les autres restent inachevées. Quelque temps après, elle demande aux enfants d’indiquer toutes les tâches qu’ils avaient eu à exécuter. Celles qui n’avaient pu être conduites à leur terme étaient citées environ deux fois plus souvent que les autres, comme si l’inachèvement d’une activité créait une tension qui reste inscrite dans le cerveau. Inversement, lorsqu’on achève un travail, il se produit une détente qui pousserait à l’oubli.

En résumé :

  • Les choses inachevées n’en finissent pas de résonner dans notre cerveau, pendant très longtemps.
  • On se souvient plus longtemps des événements inachevés.

Les applications de l’effet Zeigarnik en psychologie sont nombreuses. Par exemple, seriez-vous autant accro à telle série télévisée si chaque épisode se terminait en laissant une situation complètement achevée, s’il n’y avait pas ce « cliffhanger  » qui vous fait attendre la suite avec impatience ?

Laissons – pour l’instant – cet article inachevé...

Bruno Hourst

Références
Très nombreuses sur Internet...