Nous avons vu dans un autre billet l’influence délétère du stress sur le petit enfant.
Ce stress peut prendre de très nombreuses formes, réelles (comme des disputes entre les parents) ou virtuelles (être exposé à des scènes violentes à la télévision).
Ce stress perturbe le développement normal du cerveau, et ses conséquences seront souvent sensibles pendant toute la vie de l’individu.

Parmi les causes de stress qui diminuent le développement des capacités cognitives de l’enfant, il a la violence physique faite à l’enfant, en particulier la fessée. C’est ce qu’a montré l’étude dirigée par Murray Straus et Mallie Paschall, de l’Université du New Hampshire, publiée dans le Journal of Aggression Maltraitance & Trauma. Ils ont étudié des échantillons représentatifs à l’échelle nationale, 806 enfants âgés de 2 à 4 ans et 704 enfants âgés de 5 à 9 ans. Les deux groupes ont été à nouveau testés quatre ans plus tard. Il a été constaté que les enfants qui avaient été fessés avaient, quatre ans plus tard, un QI inférieur à ceux qui n’avaient pas reçu de fessée. Cela est également valable lorsque les châtiments corporels continuent à l’adolescence : QI inférieur.

Voici ci-dessous une courbe montrant l’évolution des capacités cognitives de l’enfant (axe vertical, gradué de – 2 à + 6), corrélée avec le nombre de fois où l’enfant a été fessé (axe horizontal, de zéro fois à 3 fois ou plus)

Selon Murray Straus, la relation entre le châtiment corporel et avoir un QI inférieur s’explique ainsi : les châtiments corporels sont extrêmement stressants et peuvent devenir un facteur de stress chronique pour les jeunes enfants, lorsqu’ils subissent des châtiments corporels trois ou quatre fois – ou plus – par semaine. Le stress des châtiments corporels se manifeste par une augmentation des symptômes de stress post-traumatique, comme la peur de voir arriver des choses terribles ou être facilement effrayé. Ces symptômes sont associés à un QI inférieur.
Et les parents qui continuent d’utiliser des châtiments corporels à l’adolescence peuvent encore plus entraver le développement cérébral de leur enfant.

Les chercheurs concluent : « Tous les parents veulent avoir des enfants intelligents. Cette recherche montre qu’éviter la fessée et d’autres châtiments corporels, cela peut aider à rendre les enfants intelligents. Il est temps que les psychologues reconnaissent la nécessité d’aider les parents à mettre fin aux châtiments corporels et à incorporer cet objectif dans leur enseignement et dans leur pratique clinique. »

Bruno Hourst

Références
How Parents Needlessly Lower Their Children’s IQ
Children Who Are Spanked Have Lower IQs, New Research Finds
Illustration Jilème