L’obésité des adolescents – comme celle des adultes – est un problème de santé publique croissant dans de nombreux pays.
Bien que les causes de l’obésité soient multiples, les chercheurs s’intéressent particulièrement à l’augmentation de l’habitude chez les jeunes de sauter le petit déjeuner, et ont cherché à voir s’il y a un rapport avec la hausse de l’obésité. Les résultats sont clairs : prendre rarement ou jamais un petit-déjeuner est associé à une masse corporelle plus élevée et à l’obésité chez les jeunes.

Voyons cela un peu plus en détails.
Les Centers for Disease Control and Prevention nord-américains ont noté que de nombreux adolescents sautent le petit-déjeuner et que l’obésité des adolescents a quadruplé au cours des 30 dernières années.
La Docteur Heather Leidy, professeure adjointe de physiologie de l’alimentation et de l’exercice, qui a dirigé une étude sur ce sujet, a déclaré : “Notre recherche a montré que les gens connaissent une baisse spectaculaire de l’envie de manger des aliments sucrés lorsqu’ils prennent un petit-déjeuner. Par contre, si le petit-déjeuner est sauté, ces envies continuent d’augmenter tout au long de la journée.”
Faut-il bien entendu que ce petit-déjeuner soit de qualité : s’il se compose de chips et de Coca, on imagine que le résultat sur l’obésité n’est pas positif.

L’étude a examiné comment différents petits-déjeuners affectaient les niveaux d’un neurotransmetteur essentiel : la dopamine. La dopamine est impliquée dans le plaisir, la récompense et le sentiment de bien-être, en particulier dans les envies de nourriture. Lorsque l’on mange, une poussée de dopamine est déclenchée, ce qui nous donne un sentiment de plaisir et de récompense. La Dr Leidy a expliqué comment cela se rapporte à l’obésité : "Les niveaux de dopamine sont émoussés chez les personnes en surpoids ou obèses, ce qui signifie qu’il faut beaucoup plus de stimulation – ou de nourriture – pour susciter un sentiment de récompense”.

Les sujets de cette étude pilote (16 femmes) ont consommé soit un petit-déjeuner normal de 350 calories contenant 13 g de protéines, soit un petit-déjeuner hyperprotéiné de 350 calories contenant 35 g de protéines. Les fringales alimentaires ont été mesurées à l’aide de questionnaires informatisés et d’un marqueur particulier qui a été mesuré, l’acide homovanillique. Les niveaux d’acide homovanillique sont associés aux niveaux de dopamine dans le cerveau.
L’ajout du petit-déjeuner a entraîné une réduction des fringales et une augmentation de l’acide homovanillique, avec de plus fortes réponses dans le cas du petit-déjeuner riche en protéines. Ces données suggèrent que l’ajout quotidien d’un petit-déjeuner particulièrement riche en protéines peut être bénéfique pour la réduction des fringales, et par conséquence sur l’obésité.

Sauter le petit-déjeuner semble une tendance lourde. La Dr Leidy constate : “Auparavant, presque 100% des adultes, des enfants et des adolescents américains prenaient leur petit-déjeuner, mais au cours des 50 dernières années, nous avons constaté une diminution de la fréquence des repas et une augmentation de l’obésité”.

Cette recherche montre que manger un petit-déjeuner riche en protéines réduit les envies de manger des aliments salés ou riches en matières grasses dans le reste de la journée – ces aliments qui font le lit de l’obésité.

Bruno Hourst

Références
A randomized crossover, pilot study examining the effects of a normal protein vs. high protein breakfast on food cravings and reward signals in overweight/obese “breakfast skipping”, late-adolescent girls
Eating This For Breakfast Reduces Food Cravings Later in The Day
Pilot study explores the effect of protein intake on food cravings and food reward signals