Statistiquement, nous passons maintenant jusqu’à 25 % de temps en moins à profiter de la nature qu’il y a 20 ans. C’est ce qu’a révélé une étude américaine, initiée après la constatation de la diminution importante de la fréquentation des parcs nationaux aux États-Unis, au Japon et en Espagne. Les conclusions de l’étude sont claires : « Toutes les principales sources de données indiquent un déplacement continu et fondamental des loisirs axés sur la nature. »

Plutôt que de le passer au contact avec la nature, le temps de loisirs s’est souvent déplacé vers le surf sur Internet, jouer à des jeux vidéo, ou regarder la télévision ou des films. Cela apparaît comme très dommage, non seulement en raison des avantages physiques d’être dehors dans la nature, mais aussi en raison des avantages psychologiques que l’on peut en tirer – et ils sont nombreux.
Les activités en rapport avec la nature peuvent prendre de très nombreuses formes : le jardinage, la marche, le vélo, la navigation de plaisance, la pêche ou l’équitation... Elles ont une influence certaine sur notre bien-être, et en particulier : pratiquer une activité liée à la nature augmente l’estime de soi.

Deux chercheurs américains ont fait une méta-analyse des données récoltées auprès de 1 252 personnes ayant participé à 10 études différentes. Il s’agissait d’évaluer de quelle manière le contact avec la nature et les activités liées à la nature pouvait améliorer l’état de santé mentale des individus. Les deux marqueurs de la santé mentale retenus par les chercheurs ont été l’estime de soi et l’humeur.
L’étude a conclu que les activités en rapport avec la nature avaient des résultats positifs sur la santé mentale, à court comme à long terme.
D’une manière plus précise, elle a relevé des éléments intéressants :

  • une activité liée à la nature, même brève, a une influence positive, en particulier sur l’estime de soi ;
  • tous les types d’environnement naturel améliorent à la fois l’estime de soi et l’humeur ;
  • groupes d’âge : pour l’estime de soi, le plus grand changement était chez les plus jeunes, avec des effets décroissants avec l’âge ; pour l’humeur, le changement touchait les jeunes comme les vieux ;
  • les personnes atteintes de maladies mentales avaient l’une des plus grandes améliorations de l’estime de soi lors d’un contact avec la nature.

Cette étude confirme que le contact avec la nature est une source au service de notre santé mentale.
Et qu’en est-il de ceux qui vivent dans un environnement urbain ? Nous en parlerons dans un autre billet.

Bruno Hourst

Références
Evidence for a fundamental and pervasive shift away from nature-based recreation
What is the Best Dose of Nature and Green Exercise for Improving Mental Health ? A Multi-study analysis