Dans mon livre Au bon plaisir d’apprendre , je consacrais un chapitre entier à la musique en tant que vecteur puissant d’apprentissage.

L’importance de la musique dans notre vie quotidienne a donné lieu à un nombre croissant d’études portant sur les régions du cerveau impliquées dans notre manière de recevoir la musique et de la traiter.
Nous savons, sans avoir besoin de recherches scientifiques précises, que la musique est un stimulant puissant pour déclencher des émotions brutes ou complexes. Cependant, explorons plus précisément ce que des recherches peuvent nous apprendre sur l’influence de la musique dans nos activités et les apprentissages, et comment on peut l’utiliser dans une salle de classe ou une salle de formation.

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Une musique nouvelle peut être intéressante à découvrir, mais on obtient la meilleure réponse émotionnelle avec une musique qui nous est familière.
C’est ce qu’a montré une étude dirigée par Carlos Silva Pereira, de l’Université de Porto (Portugal). Il a voulu clarifier les corrélations entre la familiarité avec certaines musiques et les activations cérébrales qui en résultent. Son étude a montré que de larges régions limbiques et paralimbiques, régions liées aux émotions, ainsi que les circuits de récompense étaient significativement plus actifs avec de la musique familière, par rapport à de la musique non familière. La familiarité semble être un facteur crucial pour rendre les auditeurs émotionnellement engagés avec la musique qu’ils écoutent.
D’une manière générale, les chansons et les musiques familières évoquent de solides souvenirs positifs, et donc font ressurgir les émotions qui y sont liées.
Dans une classe, si l’on veut utiliser des musiques nouvelles, il faudra les faire entendre un certain nombre de fois aux élèves avant d’en faire un déclencheur d’émotions positives.

Bruno Hourst

Références
Music and Emotions in the Brain : Familiarity Matters
Music in the Classroom