Dans un autre billet, nous avons vu comment la simple exposition à la lumière naturelle du soleil pouvait avoir un effet très bénéfique dans la prévention de la myopie.
Une autre question que se sont posés les chercheurs, c’est l’effet de la lumière sur les capacités cognitives de l’être humain. Des études ont montré que la lumière vive améliorait la performance cognitive chez les élèves, les adultes en bonne santé et les patients aux stades précoces de la démence. Cependant, les mécanismes neuronaux sous-jacents ne sont pas encore bien compris.

Une étude, menée par le professeur Antonio Nunez et publiée dans la revue Hippocampus, a étudié sur des rongeurs comment la lumière affectait le fonctionnement de l’hippocampe.
Les résultats montrent que rester trop longtemps dans un faible éclairage provoque des changements préjudiciables à la structure et au fonctionnement du cerveau, en particulier aux parties du cerveau qui sont essentielles à la mémoire et à l’apprentissage.
L’étude a montré que les rongeurs ont perdu 30% de leur hippocampe – une structure importante pour le fonctionnement de la mémoire – après avoir été maintenus dans une faible lumière pendant quatre semaines. Cependant, lorsque les rongeurs ont été exposés à la lumière vive pendant quatre semaines supplémentaires, leurs performances et leurs capacités cérébrales se sont complètement rétablies.

Il semble donc qu’avoir suffisamment de lumière vive pourrait être l’un des moyens les plus simples d’améliorer la mémoire et l’apprentissage.
Appliqués aux comportements de l’être humain, on peut ainsi dire que la lumière tamisée à l’intérieur des habitations, la pénombre ou la faible lumière des jours nuageux d’hiver peut avoir une influence sur les capacités cognitives.

Que se passe-t-il plus précisément au niveau du cerveau ? Les chercheurs ont constaté que, dans la pénombre, il y avait une réduction significative dans la production d’une protéine appelée BDNF (Brain-Derived Neurotrophic Factor) , qui aide à maintenir des connexions saines entre les neurones. Cela se traduirait par une diminution des capacités d’apprentissage et de la performance de la mémoire, qui dépend de l’hippocampe.
Un neurotransmetteur, appelé l’orexine, pourrait aussi être impliqué dans la façon dont la lumière influence l’hippocampe.
Cette étude montre également que la lumière solaire vive peut aider les personnes atteintes d’une maladie des yeux, et prévenir le déclin oculaire autant que cognitif.

Une fois de plus, la recherche ne fait que confirmer ce qui était connu depuis longtemps : l’exposition à la lumière solaire vive est l’un des exercices proposé par le Yoga des yeux / méthode Bates, qu’a fait connaître Aldoux Huxley : c’est grâce à cet ensemble de techniques que l’auteur du Meilleur des mondes a recouvré la vue après une infection oculaire qui l’avait rendu quasi aveugle....

Bruno Hourst

Références
Light modulates hippocampal function and spatial learning in a diurnal rodent species
The Simplest Way To Improve Memory And Learning By 30%