Dans le billet précédent, nous avons parlé du cri d’alarme, paru dans une Tribune du journal « Le Monde », de nombreux chercheurs et praticiens français sur les conséquences physiologiques, psychiques et relationnelles, jusqu’alors sous-estimées, d’une exposition des jeunes enfants aux nombreux écrans qui peuplent leur environnement. Voyons de plus près les conséquences négatives de cette surconsommation d’écrans, telles que nous les expliquent d’autres chercheurs.

1. Influence sur le sommeil des petits enfants

Celeste Cheung et son équipe, du Centre for Brain and Cognitive Development, de l’Université de Londres (Grande-Bretagne), s’est intéressée à leur influence sur les nourrissons et les jeunes enfants (de 6 à 36 mois), en particulier sur la qualité de leur sommeil. Dans ses conclusions, Celeste Cheung constate que « Le temps d’écran traditionnel, par exemple la télévision et le jeu vidéo, a été associé à des problèmes de sommeil et à de moins bons résultats développementaux chez les enfants. Les différents écrans auxquels sont exposés les enfants perturbent le sommeil des nourrissons et des tout-petits, un âge où le sommeil est essentiel pour le développement cognitif. »
Cette perturbation du sommeil viendrait de la lumière bleue émise par les écrans : celle-ci perturbe la synthèse de mélatonine, une hormone-clé dans le déclenchement du sommeil.

Une autre étude, dirigée par la spécialiste du sommeil Lameese D. Akacem de l’Université Boulder du Colorado (Etats-Unis), a également relevé que les enfants d’âge préscolaire exposés à la lumière avant l’heure du coucher ont une diminution considérable de mélatonine, qui persiste plus d’une heure après l’extinction de la lumière. D’après cette étude, cela confirme l’hypothèse d’un important retard d’endormissement provoqué par l’exposition nocturne aux écrans.
Cette étude rappelle également que la mélatonine n’intervient pas seulement pour réguler le sommeil, mais joue également un rôle important dans d’autres processus métaboliques, comme la régulation de la température corporelle et de la pression sanguine, ou encore dans le cycle du glucose. Une raison supplémentaire, selon ces chercheurs, d’éviter l’exposition à la lumière chez les jeunes enfants et de supprimer tous les écrans avant le coucher.

A suivre.

Cendrina Collet

Références
Daily touchscreen use in infants and toddlers is associated with reduced sleep and delayed sleep onset
Sensitivity of the circadian system to evening bright light in preschool‐age children