Des professionnels reconnus de la santé et de la petite enfance ont publié en mai 2017 une tribune remarquée dans le journal « Le Monde », dans laquelle ils alertent l’opinion publique des graves effets d’une exposition massive et précoce des bébés et des jeunes enfants aux différents écrans : smartphone, tablette, ordinateur, console, télévision.
Dans ce texte, ils s’interrogent sur l’impact neurologique et psychologique d’une surexposition des tout-petits aux écrans.
Le quotidien « Le Figaro » a également consacré plusieurs articles sur la nocivité des écrans sur les enfants, parlant de « défi de santé public ».
Au fil de quatre billets, nous vous présentons quelques conclusions de chercheurs sur cette exposition des enfants aux écrans.

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Les spécialistes signataires de la tribune du Monde évoquent l’observation de troubles, parfois graves, chez certains enfants surexposés aux écrans, troubles qui seraient proches de ceux caractérisant certaines formes d’autisme : absence de langage, troubles de l’attention, incapacité d’orienter son regard vers l’adulte.

Leur hypothèse pour expliquer ces phénomènes inquiétants est que l’omniprésence des écrans vient casser le lien relationnel et affectif qui se construit normalement entre le bébé et ses parents. Trop soumis aux écrans, il semblerait que certains enfants ne parviennent plus à développer l’ensemble des liens sensoriels, affectifs et cognitifs, impliquant les regards, les gestes et la voix, qui sont nécessaires pour construire harmonieusement leur autonomie et leurs échanges symboliques avec les adultes.

Selon les chercheurs, cette situation semble réversible et ils insistent sur le fait que lorsque ces enfants retrouvent un bas niveau d’exposition aux écrans, leur intérêt pour le jeu et la communication verbale revient, ainsi que leur curiosité pour leur environnement.

Pour prévenir ces troubles et retards du développement chez les bébés et les jeunes enfants, ces spécialistes souhaitent que des campagnes nationales d’information, conçues en toute indépendance des puissants groupes de l’industrie numérique, soient menées et diffusées, avec le soutien des pouvoirs publics, de la communauté médicale et des familles dans tous les lieux de la petite enfance. Ils préconisent également que des recherches indépendantes soient menées pour mieux comprendre et évaluer les nombreux effets neurologiques, psychologiques, affectifs et cognitifs de l’exposition aux écrans des tous petits.

Nous verrons plus précisément dans les billets suivants ces effets induits sur les bébés et les enfants.

Cendrina Collet

Références
Tribune du Monde_La surexposition des jeunes enfants aux écrans est un enjeu majeur de santé publique
L’immense nocivité des écrans sur le développement des jeunes enfants
L’explosion des troubles chez les tout-petits surexposés aux écrans