Dans un précédent billet, nous avons commencé à explorer le problème de la violence et du harcèlement chez les jeunes. Continuons à faire appel aux chercheurs et aux spécialistes.

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Pour certains chercheurs, la méchanceté, la brutalité et le harcèlement viennent essentiellement de la pression des pairs. Michael Rousell, de la faculté d’éducation de l’Université Southern Oregon, tire de son expérience de 30 ans d’enseignement le commentaire suivant : « J’ai compris que de nombreux élèves ne savent pas que ce qu’ils font est, en fait, un harcèlement malveillant. Ils semblent être entraînés dans une méchanceté croissante à travers la pression de leurs pairs. »
Ce que confirme Philip Zambardo, psychologue à l’université de Stanford, qui a passé des décennies à étudier comment des personnes au comportement habituellement respectueux peuvent être attirées à mal se comporter vis-à-vis d’autres personnes et à les faire souffrir, sous la pression de personnes extérieures.

En milieu scolaire, dans les cas de brutalités et de harcèlement, Michael Rousell propose l’intervention brève suivante, en trois parties. C’est pour lui, et de loin, la façon la plus efficace de réduire un harcèlement récurrent.

1. Expliquer l’intervention à la victime brutalisée ou harcelée.

2. Informer le(s) harceleur(s) que leur comportement a été signalé par une personne autre que la victime, que ce n’est pas la victime qui a rapporté le fait de violence ou de harcèlement. Cela aide à éliminer les comportements de représailles.

3. Permettre aux élèves coupables de corriger leur comportement d’une manière honorable et sans perdre la face. C’est généralement une option plus intéressante qu’un rapport formel qui entraînerait une punition.

L’intervention elle-même consiste en un court commentaire, sans laisser place à la discussion, les discussions aboutissant généralement à un blâme réciproque des deux protagonistes.
Voilà une manière de faire ce commentaire.

J’ai été informé que vous brutalisez / harcelez X. Quelqu’un d’autre que X l’a signalé. Le harcèlement est un acte méchant et nuisible. Je suppose que vous harcelez des élèves parce que vous pensez que c’est amusant ou intéressant, et que vous ne savez pas quelles souffrances vous causez à la victime de votre harcèlement.
Si vous arrêtez immédiatement, cela me signale que vous avez harcelé par ignorance. Dans ce cas, c’est notre dernière conversation et l’affaire en restera là. Si cela continue, cela me signale que vous êtes intentionnellement méchant. Je traite la méchanceté plus sérieusement que je ne traite l’ignorance.
La question est de savoir si vous avez agi par ignorance ou par méchanceté. Votre comportement après cette conversation me donnera votre réponse.

Nous continuerons à explorer les causes du harcèlement et comment y remédier dans d’autres billets.

Bruno Hourst