Bien que les (mauvaises) relations des élèves avec leurs enseignants soient classiquement considérées, à tout âge, comme des facteurs de risque de troubles ultérieurs du comportement ou d’ordre psychosocial, peu de recherches ont été consacrées à ce thème.
Portant sur 3 800 élèves du primaire (pour lesquels 2,5 % des parents ont mentionné des « relations problématiques » de leurs enfants avec des enseignants) et sur un nombre voisin d’élèves du secondaire (pour lesquels ce taux de relations conflictuelles passe à 6,6 %), une étude britannique, publiée par The British Journal of Psychiatry, a comblé cette lacune. Âgés de 5 à 16 ans, ces jeunes ont été suivis pendant 3 ans. Même après avoir écarté les enfants souffrant préalablement de troubles psychiatriques, les auteurs constatent une incidence significative des relations difficiles entre les élèves et leurs enseignants sur le niveau des troubles psychopathologiques observés chez ces jeunes 3 années plus tard. Ces troubles psychopathologiques sont en effet près de 2 fois plus fréquents, et même 3 fois plus nombreux quand il s’agit des seuls troubles du comportement.
Cette étude confirme ainsi que des relations conflictuelles avec les enseignants dans l’enfance ou l’adolescence prédisposent à des troubles psychopathologiques dans le futur.
Cette mésentente dès l’école semble constituer un indicateur initial de difficultés futures en matière de socialisation et de stabilité psychique, vraisemblablement parce qu’elle révèle certains problèmes déjà présents de façon précoce chez les jeunes : mauvaise gestion des émotions, non respect d’un cadre, intolérance aux frustrations…
Pour les auteurs, cette étude « souligne la nécessité de soutenir les enseignants » et incite ces professionnels à développer au maximum, dans l’intérêt présent et futur de leurs élèves, des « relations apaisées » avec eux.

Bruno Hourst

Références
Influence of problematic child-teacher relationships on future psychiatric disorder : population
Illustration Jilème