Dans un précédent billet, je présentais une méta-analyse américaine concernant les programmes SEL (Social and Emotional Learning) aux États-unis.
Un vaste ensemble de recherches rigoureuses (comprenant des essais contrôlés et randomisés, des suivis longitudinaux et des répétitions multiples) démontre que les programmes favorisant l’apprentissage social et émotionnel (SEL) donnent des résultats probants et convergents, et que les enseignants de tous les domaines peuvent enseigner efficacement un programme SEL.
Une étude américaine publiée en 2015 dans l’American Journal of Public Health a trouvé des associations statistiquement significatives entre les programmes SEL en maternelle et des points- clés concernant les jeunes adultes des années plus tard : meilleure éducation, meilleur emploi, moins d’activités criminelles, moins de toxicomanie et meilleure santé mentale.
L’étude a conclu que l’acquisition très tôt d’aptitudes sociales positives diminuaient la probabilité de vivre ou d’être sur une liste d’attente pour un logement public, de recevoir une aide publique, d’avoir affaire à la police avant l’âge adulte et de passer un temps dans un centre de détention – on est aux États-Unis !

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En quoi consistent ces programmes SEL ?
Selon le CASEL (Collaborative for Academic, Social, and Emotional Learning), l’apprentissage social et émotionnel est le processus par lequel les enfants et les adultes acquièrent et appliquent efficacement les connaissances, attitudes et compétences suivantes :

  • Conscience de soi : capacité à prendre conscience de ses émotions, de ses intérêts, de ses valeurs et de ses forces.
  • Maîtrise de soi  : capacité à contrôler ses émotions pour gérer le stress ; à contrôler son impulsivité et à persévérer pour surmonter les obstacles ; à savoir se fixer et atteindre des objectifs positifs.
  • Conscience sociale  : capacité à comprendre différents points de vue ; à avoir de l’empathie pour les autres et à utiliser les ressources familiales, scolaires et communautaires à bon escient.
  • Gestion des relations  : capacité à établir et à maintenir des relations ; capacité à coopérer, à résoudre les conflits et à demander de l’aide si besoin.
  • Prise de décisions responsables  : capacité à prendre des décisions et à faire des choix fondés sur des normes éthiques et sociales. Dit autrement, l’apprentissage social et émotionnel dans les écoles enseigne les compétences dont nous avons tous besoin pour nous comporter de façon éthique, respectueuse et responsable, avec les autres et envers nous-mêmes, toute notre vie. Les responsables de programmes SEL précisent que l’apprentissage social et émotionnel doit être une politique d’établissement, et ne pas être cantonné à l’éducation civique où l’exposé se fait de manière théorique. L’apprentissage social et émotionnel peut être intégré dans les différentes matières scolaires comme la lecture et la littérature, les mathématiques, l’histoire et d’autres.

Les auteurs de la méta-analyse citée plus haut ont noté que les principales réformes éducatives et scolaires des dernières décennies aux États-Unis ne se sont pas suffisamment concentrées sur les facteurs SEL, qui sont selon eux nécessaires dans les champs de l’éducation, de l’emploi et de la vie de famille. Ils recommandent également de redoubler d’efforts pour développer des programmes SEL de qualité, s’appuyant sur des données probantes, en tant que composante essentielle de l’éducation des enfants.

Bruno Hourst

Références
What is SEL ?
Social and Emotional Learning
The Social Emotional Learning, ou l’apprentissage socio-émotionnel à l’école
Apprentissage socio-émotionnel (ASE)
Illustration Jilème