Est-ce que jouer à des jeux - à la fois traditionnels et vidéo - peut aider à protéger contre la maladie d’Alzheimer ?
Selon une recherche présentée lors de la conférence internationale 2014 de l’Association Alzheimer, les passe-temps traditionnels comme les cartes et les puzzles peuvent contribuer à augmenter le volume du cerveau et à protéger les fonctions cognitives.

Stephanie Schultz et ses collègues de deux instituts de recherche Alzheimer du Wisconsin ont examiné 329 personnes d’âge moyen qui ne souffraient pas encore de démence, mais dont beaucoup étaient à risque en raison de leurs antécédents familiaux.
En plus d’un scanner du cerveau, ils ont été interrogés pour savoir à quel point ils étaient actifs sur le plan cognitif : s’ils jouaient à des jeux, s’ils lisaient des livres, allaient dans des musées, etc.
Les résultats ont montré que les personnes qui jouaient le plus à des jeux - comme les mots croisés, les dames, les cartes et les casse-tête - avaient aussi le plus gros volume de cerveau.

Stephanie Schultz a commenté ces résultats :
« Nos résultats suggèrent que, pour certaines personnes, l’engagement dans des activités cognitives stimulantes, en particulier celles impliquant des jeux tels que des puzzles et des cartes, pourrait être une approche utile pour préserver les structures cérébrales et les fonctions cognitives vulnérables à la maladie d’Alzheimer. En raison de la conception de cette étude, nous ne pouvons pas dire si jouer à des jeux affecte vraiment la taille du cerveau. Par exemple, il se peut que les gens avec des cerveaux plus grands se trouvent à jouer à plus de jeux. »

Cependant, il existe d’autres recherches qui ont lié le jeu à de plus gros volumes cérébraux.
Dans une étude publiée par des chercheurs allemands, des gens qui jouaient à des jeux vidéo pendant 30 minutes par jour pendant deux mois avaient des structures de matière grise plus grandes dans les zones du cerveau associées à la mémoire, le déplacement spatial, la planification stratégique et la motricité fine, par rapport à un groupe témoin.
L’auteur principal de l’étude, Simone Kuhn, a expliqué : « Cette étude peut démontrer le lien causal direct entre les jeux vidéo et une augmentation volumétrique du cerveau. Cela prouve que des régions cérébrales spécifiques peuvent être entraînées au moyen de jeux vidéo. »

Une autre spécialiste du cerveau, Daphne Bavelier, explique dans une conférence TED que les jeux vidéo d’action ont un effet très puissant sur la plasticité cérébrale, l’apprentissage, l’attention et la vision. Que cela nous plaise ou non, les jeux vidéo ont donc une action sur le cerveau et le font grossir – donc peuvent avoir une action positive.

En fait, il semble que toute activité nécessitant action et concentration fasse grossir le cerveau. Jouer des heures à Super Mario Bros fait donc grossir le cerveau –- mais c’est également le cas de nombreuses autres activités, qui peuvent sans doute mieux développer nos richesses d’êtres humains après 4 millions d’années d’évolution.
Et si nous sommes agacés de voir nos enfants jouer à des jeux vidéo d’action, Daphne Bavelier rappelle que l’âge moyen des adeptes des jeux vidéo d’action est de... 33 ans.

Bruno Hourst

Références
This Is Your Brain On Games
Positive Association of Video Game Playing with Left Frontal Cortical Thickness in Adolescents
Your Brain on video games

Source
Playing Games Increases Brain Size