Les arts sont une composante unique de la pensée humaine, profondément ancrée dans l’histoire. Au plus loin de la préhistoire que nous connaissons, l’art s’associe au développement de l’homme.
Les arts sont également liés à la culture dans laquelle ils se déploient. Lorsque l’on souhaite comprendre l’histoire d’une culture, on a besoin d’écouter sa musique, d’observer ses vêtements et son architecture, et de lire ses pièces de théâtre, sa poésie et sa littérature – tout de qui décrit les êtres humains qui bougent physiquement, émotionnellement et intellectuellement dans cette culture.

Logiquement, les arts devraient donc être au centre de tout projet éducatif. Et pourtant, et de loin, ce sont les parents pauvres des programmes : une heure d’arts plastiques et une heure de musique au collège : une sorte de « bonus » accordés, avec réticence, par les concepteurs des programmes, sans donner à l’éducation artistique l’importance qu’elle mérite.

Difficulté supplémentaire : les arts se prêtent mal à être évalués et notés, dans un système qui est très marqué par la nécessaire « évaluation ». Rappelons-nous comment un artiste comme Vincent Van Gogh a été « évalué » par ses contemporains et acheteurs potentiels. Van Gogh a persisté et a créé quelque chose de nouveau.

Les arts ont un côté éducatif important : ils nécessitent un engagement extrêmement motivant, car ils sont vécus en direct. Nous devons faire des choses : peindre, jouer d’un instrument, représenter Hamlet. Avec des élèves démotivés pour apprendre ce que l’école leur propose, l’éducation artistique peut fournir un lieu pour redonner le goût d’apprendre et de créer. Il y a de nombreux exemples d’enseignants bien réels – on ne trouve pas cela uniquement dans des films tels que La mélodie– qui ont sauvé leurs élèves en mettant un projet artistique au cœur de leur pédagogie. Car en pratiquant les arts, on peut développer énormément de capacités cognitives et sociales. Si l’on suit la théorie des intelligences multiples, la pratique d’un instrument de musique, par exemple, développe toutes les intelligences.

Question subsidiaire à se poser : faut-il, lorsque l’on est enseignant, déroger à la norme pour faire avancer ses élèves ? Lors d’une formation avec des enseignants, les faisant réfléchir sur leur métier, un groupe était arrivé à cette conclusion qui leur apparaissait comme nécessaire : « la désobéissance raisonnée ».

Bruno Hourst

Références
Information Age Education Newsletter. Issue 58, January 2011
Illustration Jilème